Alors
que les débats économiques se concentrent souvent sur le montant colossal de la
dette publique américaine (qui dépasse aujourd'hui les 35 000 milliards de
dollars), l'enjeu réel ne réside pas dans le remboursement du capital. En
effet, l'État américain ne rembourse jamais le principal de sa dette : il le
refinance continuellement en émettant de nouveaux bons du Trésor.
Ce
graphique illustre le véritable danger budgétaire : seuls les intérêts de la
dette sont effectivement payés par le budget fédéral.
- Une
accélération fulgurante :
Entre 2016 et 2021, la charge annuelle d'intérêts restait contenue sous la
barre des 400 milliards de dollars grâce à des taux quasi nuls.
- L'effet
ciseau des taux élevés :
Avec le resserrement monétaire et le renouvellement des anciennes
obligations à des taux nettement plus élevés, le coût annuel s'est envolé
pour atteindre 1 143 milliards de dollars en 2026 et devrait
franchir le cap vertigineux des 1 400 milliards de dollars d'ici 2027.
La dette US se négocie aujourd'hui à 5,30% sur le 10 ans et cette
trajectoire exponentielle signifie qu'une part grandissante des recettes
fiscales américaines est désormais engloutie par le seul service de la dette,
évinçant progressivement les autres postes de dépenses budgétaires.
Face à cette faillite financière annoncée et la fin de son hégémonie, la tentation d’une fuite en avant géopolitique devient un risque majeur. Dans un contexte de tensions exacerbées au Moyen-Orient et face à l’impossibilité de remporter un conflit conventionnel contre l’Iran, je crains une surenchère militaire. La combinaison d'une crise de la dette souveraine et d'une impasse stratégique accroît considérablement les risques d’escalade incontrôlée, allant jusqu'à l’utilisation de l’arme atomique.

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