dimanche 14 décembre 2014

Une "révolution" économique et énergétique pour le Maghreb


Face à l'aggravation de la crise, le temps est venu d'agir et de proposer du concret. Il ne s'agira pas de rafistoler le système mais de changer de paradigme. Pour cela, j'ai choisi de mener le combat au Maghreb, une région qui est devenue un véritable laboratoire d'idées novatrices. La monnaie, l'énergie, la finance, le modèle économique, tout a été repensé et, à l'IEMEP (dont je suis vice-président), nous sommes désormais en mesure de proposer une vision holistique du futur Maghreb.

En effet, la monnaie a été repensée en prenant en compte les erreurs de l'Europe mais surtout en intégrant à nos analyses les travaux les plus importants :
- ceux de Robert Mundel qui démontrent qu'une monnaie unique ne peut exister qu'au sein d'une zone monétaire optimale, ce qui n'est pas le cas de l'Europe.
- ceux de Bernard Lietaer, le "créateur" de l'euro qui explique qu'il ne faut surtout pas de monnaie unique.
Le dinrham proposé par le Président de l'IEMEP Camille Sari devrait donc être une monnaie commune complémentaire. Panier de valeur des monnaies du Maghreb dans un premier temps, elle serait adossée à l'or et l'argent lorsque la zone serait intégrée ce qui résoudrait le problème structurel des monnaies actuelles.

La finance doit être repensée et je propose la mise en place d'une finance complémentaire (un système parallèle) sociale, solidaire et participative en lien avec la finance islamique et fonctionnant donc sans le système des intérêts et de la spéculation. Cette finance serait au service de l'économie réelle car il est temps de revenir aux fondamentaux.

Le modèle économique doit être repensé. Pour ceux qui suivent ce blog, les théories de la régulation sont la clé, à la condition qu'elles soient au service du peuple et non de quelques-uns.

Le point crucial sera bien sûr celui de l'énergie. J'ai d'ailleurs annoncé à l'Assemblée Nationale, le 4 juillet 2014, la création d'une Communauté Economique Maghrébine de l'Energie et des Phosphates (CEMEP). Un Comité d'Experts est en place qui rendra son rapport cet été. Toute notre énergie s'est donc pour le moment concentrée sur l'Algérie, un pays au potentiel colossal et qui devrait être au cœur de la révolution énergétique à venir. Une étude réalisée au sein de l'IEMEP par Tewfik Hasni, Jean-Baptiste Hubert et moi-même intitulée La révolution énergétique algérienne : un modèle pour le Maghreb et publiée par l'excellent magazine Le Phare (diffusé au Maghreb) pose les bases de la future CEMEP.

Cette étude sera présentée par Tewfik Hasni et moi-même au 3ème symposium sur les EnR et la finance sociale et solidaire à Agadir, un évènement exceptionnel présidé par Rachid Boutti (18-20 décembre 2014).

Une série de vidéos présenteront le projet et l'étude, voici les deux premières.










lundi 20 octobre 2014

Déflation en Europe : le théorème d'inconsistance encore et toujours !


L'Eurostat news release du 16 octobre 2014 a jeté un beau pavé dans la mare ! 8 pays européens sont désormais touchés par la déflation : Bulgarie, Grèce, Hongrie, Espagne, Pologne, Italie, Slovénie, Slovaquie.



La France pour sa part s'approche dangereusement de la barre fatidique avec 0,4% d'inflation.

Pour lutter contre l'inflation, la banque centrale n'a qu'une solution : baisser son taux d'intérêt. Or, suite à sa réunion du 4 septembre, la BCE a abaissé son principal taux directeur de refinancement des banques privées de 0,15 % à 0,05 %, un niveau jamais atteint.
Il n'y a donc plus de marge de manœuvre, à moins d'une injection massive de liquidité.  Une politique de relance dans un contexte d'endettement généralisé sera la dernière fuite en avant.
Philipp Bagus, un économiste allemand (école autrichienne) spécialiste de la déflation (cf sa thèse de doctorat) écrivait sur celle-ci :
"On peut faire valoir que la déflation est un moyen rapide, direct, harmonieux et éthique en direction d'un système monétaire solide, en purgeant un système bancaire malsain et des investissements malsains."

Peut-être a-t-il raison, mais la purge risque de poser problème en regard des montants en jeux. Nous avons donc trois écoles :
- ceux qui veulent "purger" la bête et qui feront exploser le chômage et imploser l'économie.
- ceux qui proposent une fuite en avant en permettant aux exponentielles de dettes de croître vers l'infini et au-delà et qui feront exploser le système.
- les partisans de la régulation qui ont - comme je l'avais annoncé en mars 2013 - reçu un prix Nobel avec Jean Tirole et qui font tout pour obtenir un semblant d'équilibre dans un système déséquilibré (les intérêts composés - la croissance - la financiarisation démesurée de l'économie). Bâle III - la dernière tentative de réguler la finance - s'est d'ailleurs heurté au mur des réalités.
En ce qui concerne la régulation, Cloward et Piven ont tout expliqué dans leur ouvrage clé publié en 1972, Regulating the Poor : The Functions of Public Welfare.
Pour eux, le welfare state, l’État-providence doit s’adapter au marché et ceci dans le droit fil de la pensée socialiste schumpétérienne. Au menu, allocation de survie, flexibilité totale, baisse des coûts de production (main d’œuvre gratuite) et ce, dans le monde entier. Une « magnifique » restructuration de la protection sociale pour l’adapter au marché, une synthèse capitalo-marxiste.
Quelle que soit la solution choisie, le petit peuple paiera les pots cassés et l'économie s'effondrera.

Kurt Gödel (1906-1978) et son théorème d'inconsistance développant le fait qu'une démonstration mathématique - économique ici - peut servir à expliquer tout et son contraire est encore et toujours à l'honneur.

Il serait grand temps de tout remettre à plat et de repenser l'économie...